Infolettre N° 8 – Mars 2026
Le 5 mars les Népalais se rendaient aux urnes. Ces élections faisaient suite aux manifestations de la génération Z en septembre dernier et aux violences qui s’en étaient suivies et avaient finalement conduit à la démission du gouvernement.
Au total, 19 millions d’électeurs étaient appelés à voter, dont 1 million de jeunes qui participaient à leur premier scrutin. Environ 800 000 personnes sont retournées dans leurs villages ou leurs villes d’origine pour voter.
Les élections se sont déroulées dans le calme dans tout le pays, sans incident majeur.
Les bureaux de vote fermaient à 17h et les urnes étaient ensuite acheminées vers les centres de dépouillement dans les chefs-lieux de district. Dans certaines régions elles devaient être acheminées par hélicoptère depuis les zones rurales les plus reculées.
Outre les trois partis historiques, Nepali Congress, Communist Party of Nepal (Unified Marxist-Leninist) et Communist Party of Nepal (Maoist Centre), le Rastriya Swotantra Party (RSP) apparaissait comme l’un des principaux prétendants.
Ces élections sont considérées comme un succès pour le gouvernement intérimaire. Beaucoup doutaient qu’il soit possible de les organiser dans un contexte politique aussi instable.
Balendra Shah, jeune maire de Katmandou, a battu l’ancien premier ministre Sharma Oli, devançant très largement ses concurrents.
« La cloche résonne dans tout le Népal, des villes aux districts les plus reculés des montagnes et des plaines », a écrit le Nepali Times.
Le message est clair : les Népalais ont voté contre les trois partis qui se sont relayés au pouvoir depuis trois décennies, démontrant leur incapacité à œuvrer pour l’intérêt national, à créer des emplois et à développer le pays.
Le RSP, créé en 2022, devient la première force du pays.
« Balen », comme l’ont surnommé les Népalais sera le plus jeune premier ministre du Népal. »
Il a émergé en faisant une campagne éclair sur les réseaux sociaux pour s’emparer de la capitale, comme candidat indépendant. Quatre ans après, il vient d’être porté au pouvoir par tout un pays avide de changement.
La participation n’a pas été très élevée, avec un taux de 59 %. Un score relativement bas qui s’explique par la difficulté des gens de montagne à aller voter en raison de l’enneigement à cette époque de l’année et par l’impossibilité pour les migrants internes et internationaux de participer car le vote par correspondance n’existe pas au Népal.
« Balen », nouveau premier ministre aura la tâche immense de rétablir le lien de confiance avec le peuple, d’offrir à la jeunesse des perspectives, de lutter contre la corruption qui mine le pays à tous les niveaux, de moderniser les infrastructures et l’administration.
Le RSP a promis de créer 1,2 million d’emplois en cinq ans pour endiguer l’exode des jeunes (plus de 2 000 Népalais quittent le pays chaque jour), de doubler le PIB par habitant, de 1 447 à 3 000 dollars (de 1 245 à 2 581 euros annuels), d’améliorer le système éducatif et de revitaliser l’économie, qui n’a jamais retrouvé son dynamisme d’avant la pandémie de Covid.
Surtout, il parvient au pouvoir en pleine guerre au Moyen-Orient, où travaillent 1,7 million de Népalais.
Beaucoup sont des travailleurs manuels embauchés sur les chantiers des pays du Golfe, mais aussi des ingénieurs et autres cadres diplômés.
Plus de 3 millions de Népalais, 10 % de la population, travaillent à l’étranger.

(d’après Le Monde, le Népali Times et différentes infos recueillies auprès d’ONG travaillant au Népal.)
